Demandez comme si vous aviez déjà reçu… et recevez

Demandez comme si vous aviez déjà reçu…et recevez

Tous les dons de la Terre

Une maîtresse de maison entend marmonner son vieil avare de mari enfermé dans un placard. Intriguée, elle s’approche de la porte sans faire de bruit et y colle l’oreille pour mieux entendre. Se croyant seul, le vieil avare s’agenouille devant des images pieuses et s’absorbe dans la répétition d’une sorte de litanie plutôt cocasse : « Mon Dieu, faite que mes investissements me rapportent! Mon Dieu, faite que tous mes placements soient rentables, je vous en prie! » Connaissant bien son homme, la maîtresse de maison ouvre brusquement la porte et lui dit sur un ton malicieux : « Mais voyons mon pauvre ami, avez-vous au moins investi votre argent quelque part? »

J’avoue m’être quelquefois laissé prendre au jeu de l’avare qui désire recevoir sans rien donner de lui-même. Il veut gagner le gros lot de la vie sans jamais acheter de billet. Avant de découvrir le secret du destin, posons-nous quelques questions. Découvrir des indices aiderait certainement mon avare intérieur qui voudrait recevoir tous les dons de la Terre sans avoir à lever le petit doigt. Lorsque j’étais enfant, je me rappelle qu’à l’école des Pères Blancs on me disait : « Frappez et on vous ouvrira. » Je me demandais oú pouvait bien se trouver cette fameuse porte à laquelle je devais frapper. Et « qui » ou « quoi » allait bien pouvoir me l’ouvrir. Et une fois la porte ouverte, aurai-je le courage d’entrer ou irai-je m’enfuir en courant ?

Que faut-il demander?

Un homme désirait ardemment avoir une Porsche. Il ne pensait qu’à ça, c’était une fixation. Après avoir fait des pieds et des mains pour l’obtenir, il s’aperçut à son grand désarroi que son désir lui donnait plus de soucis que de plaisir. Sa belle auto de luxe lui coûtait trop cher et rendait ses amis jaloux. De plus, il vivait dans l’angoisse qu’on la lui vole. Il finit par la revendre à rabais pour s’en débarrasser. Se peut-il que nous passions parfois des années à demander au destin des choses qui, une fois les avoir reçues, nous empoisonnent l’existence? Un jour, un journaliste a demandé à Georges Harrison sous quelle forme il voulait se réincarner dans sa prochaine vie, et il répondit : « ignoré des foules ». Oups!… La célébrité tant demandée dans sa jeunesse était devenue sa pire épreuve. Faudrait-il donc tourner sa demande sept fois dans son esprit avant de l’exprimer? Le docteur Larry Dossey, M.D., nous conseille : « Prenez garde à ce que vous demandez car vous pourriez bien l’obtenir… »

Que faire alors? Une partie de la solution est de dilater son cœur jusqu’au point oú nous ne réclamons ni n’exigeons plus rien pour nous-mêmes de façon exagérément orgueilleuse. Cultivons une intention altruiste et généreuse, une vision qui englobe le bien et le bonheur de tous les êtres vivants. Entretenir un souhait charitable et désintéressé nous rendra plus heureux que de nous accrocher à une requête égocentrique et indifférente au mieux-être d’autrui. En plus de défendre l’environnement, cet idéal nous protègera comme un bouclier psychique et nos demandes ne pourront plus se retourner contre nous. Actuellement, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (États Unis, Angleterre, Chine, Russie et France) sont aussi les cinq plus grands trafiquants d’armes sur la planète. Cherchez l’erreur. Cela implique que la relative abondance de ces organisations est fondée sur la mort et la destruction massive. Sommes-nous forcés d’écraser le reste du monde à seule fin de faire fortune?

Soyons individualiste jusqu’au bout : pensons à nous mais sans mépriser les autres. Demandons la paix, l’alliance des peuples, et nous recevrons la véritable prospérité d’un bonheur durable, en harmonie avec la Nature.

Comment demander?

Dans les Manuscrits de la Mer Morte, on trouve cette merveilleuse histoire: un homme dont la fille est atteinte d’une maladie mortelle approche Joshua Ben Joseph (plus connu aujourd’hui sous le nom de Jésus) pour lui demander de venir chez lui soigner son enfant. « Si tu viens chez moi, mon enfant se rétablira. » affirme-t-il. Cet homme est convaincu que le grand guérisseur peut sauver sa fille. « Me rendre chez toi est inutile, lui répond Joshua, ta fille est sauvée car ta foi l’a guérie. » Tout est là. Le père de la malade se sent concerné mais il n’est pas anxieux. Dans le secret de son cœur, il sait que tout va bien aller. Sa demande n’est pas basée sur une vague croyance. C’est une conviction, une certitude, il sait intuitivement que ça va marcher. Et ça fonctionne! Sa fille reçoit la guérison instantanément. Cette affaire porte en elle une réponse. L’homme demande comme s’il avait reçu. Aucun doute ne s’immisce dans son mental. Et Joshua ne lui dit pas : « Garde espoir, Dieu, l’univers ou quelque chose d’extérieur à toi va mystérieusement guérir ta fille au Jour du Jugement. » Au contraire, on lui confirme que la guérison passe à l’instant même par sa propre force intérieure. Sa propre puissance psychique est à l’œuvre au moment précis oú il décide de passer à l’action.

Trois mille ans avant cet incident, la médecine Ayurvédique enseignait la même vérité : tout état doit être visualisé comme s’il était déjà manifesté. Dans ce genre de sollicitation, il n’y a pas d’expectative, pas d’exigence, pas de fausse espérance. Il n’y a que gratitude et remerciement, comme si tout était déjà là. La pensée est libre de toute inquiétude, de toute ambiguïté. S’il s’agit d’une prière, ce n’est pas une prière de quémandeur. Il s’agit plus d’une affirmation, d’une reconquête de notre pouvoir divin. Affranchi de l’incertitude, on se trouve alors dans l’état d’âme qui correspond à notre intention. C’est une intuition puissante qui se traduit par une forte émotion positive. Nous ressentons véritablement l’accomplissement de nos désirs dans les replis de notre conscience. Et notre rêve se réalise. Cette opération est extraordinairement thérapeutique.

Comment recevoir?

Avouons-le, on a beau lire des tas de livres sur l’amour, tant qu’il ne nous est pas donné d’être en amour toute cette littérature ne nous apprend rien. Connaître c’est être. Similairement, recevoir c’est être dans l’état d’esprit de quelqu’un qui reçoit. Tant que je cultive une mentalité de manque je ne recueille rien. On ne reçoit que ce sur quoi on médite, consciemment ou non. L’impression qu’il me manque quelque chose attire ce manque dans ma vie. À l’opposé, l’impression de me trouver dans la situation parfaite par rapport à mon évolution provoque à terme des circonstances parfaites autour de moi. Recevoir, c’est être dès maintenant dans la réception de ce sur quoi je porte mon attention, quoi que cela puisse être.

Ne soyez pas dans l’expectative. Vivez au présent avec l’attitude de quelqu’un qui a tout ce qu’il lui faut. Vous verrez des miracles s’accomplir sous vos yeux. Le maître Patanjali le dit : « Quand le désir de prendre disparaît, les joyaux apparaissent. »

Ce changement de cœur déclenche le processus d’une profonde guérison. Le corps n’est plus stressé par le poison de l’avidité. Au lieu d’être avide de recevoir, on ressent le contentement de la reconnaissance. Soudain, tout est en place. Seul rayonne la joie de vivre son rêve, et cette radiance fait que les choses se manifestent pour le plus grand bonheur de tous. Si nous ne sommes pas satisfaits avec ce que nous avons aujourd’hui, nous ne le serons jamais à l’avenir. Vous demandez à être heureux? N’attendez plus! Soyez heureux ici et maintenant. Et vous l’êtes. La situation dans laquelle vous vous trouvez ne changera peut-être pas instantanément, mais vous commencerez à l’apprécier pour ce qu’elle est. Et vous recevrez un beau sourire de la vie. C’est un bon départ. Ça soulage et les taxes sont déjà payées.

Pour le bien de tous.

Même s’il arrive que des erreurs et des retards de livraison se glissent dans la commande (souriez…), nous recevons ce que nous demandons. Récapitulons, souvenons-nous de deux choses importantes. Primo, il est bon de se responsabiliser en prenant les devants, sans attendre qu’un ange, qu’un médecin ou qu’un gourou fasse tout à notre place. Secundo, rappelons-nous que l’angoisse de manquer de quelque chose attire la pénurie. L’abondance est avant tout un état d’esprit. Ne renoncez pas à votre désir. Changez-en simplement la nature. Pensez au bien de tous. Faite sortir l’avare du placard.

Et puis le grand secret, quel est-il? « Heureux l’homme qui, à la fin de sa vie, ne possède que ce qu’il a donné aux autres. » dit le grand écrivain Armando Fuentes A Guirre. Nous ne recevons que ce que nous sommes prêts à donner. Nos acquisitions réelles dépendent de ce que nous sommes disposés à offrir. Nous perdons à coup sûr ce que nous prenons de force. La colombe est plus forte que l’aigle. C’est la mécanique quantique de notre essence céleste. Ne ratons pas une occasion de donner. Sinon, avec le temps, tout nous sera retiré. C’est vrai au niveau des individus. Et c’est vrai aussi au niveau des sociétés, des gouvernements et des civilisations. Demandez pour donner et vous recevrez au centuple.

Le cœur est un coffre-fort. Se pourrait-il que nos demandes soient à la fois un piètre espoir et une menace? Nos sociétés demandent toujours plus de pétrole et nous sommes prêts à tout pour l’obtenir afin de maintenir notre niveau de vie. Quelle escalade allons-nous recevoir en échange? En tant qu’êtres humains, ayons le courage de nous sortir de cette impasse. Allons au devant des opportunités de la vie, cependant faisons le pour le confort de tous, sans quoi ce que nous recevons pourrait bien nous être enlevé. Et sans l’ouverture du cœur, nous pourrions traverser l’existence sans jamais rien récolter de bon. Ou bien les fondations de notre prodigieuse moisson pourraient se révéler précaires et chancelantes. La vie désire le bien de tous. Si je lui donne ce qu’elle désire de moi, la vie me donne ce que je désire d’elle. Pas plus, pas moins. Le fou dit « toujours plus et pour moi tout seul » et le sage dit « tout nous ai donné par surcroît ». Avez-vous remarqué à quel point il est frustrant de dire « encore » alors qu’il est si profitable de dire « merci »? « Encore » signifie que je manque de quelque chose ou que je n’en ai jamais assez. « Merci » veut dire que je suis comblé. Merci! Humm… C’est un mot aussi savoureux que du miel biologique sans OGM. Ça fait du bien et c’est bon pour tout le monde.

Texte provenant de Patrick Bernard